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Take a break in the ruche
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Avoir un toit à soi

J’ai toujours pensé, sans chercher à le vérifier, que tout serait différent dans ma façon d’aborder le travail si, très jeune, j’avais été propriétaire de mon logement. Sous-entendu, un logement à mon nom et payé. Commencer dans la vie active en ne payant que mes charges de copropriété, mes factures d’eau et d’électricité, mon abonnement FAI, de portable (qui n’existaient pas à l’époque, je dois l’avouer) et un peu d’impôts a toujours été un rêve qui m’aurait permis, par exemple, de dire MERDE à son boss quand il m’avait bien saoulé. Ce n’est sans doute pas le meilleur critères pour étayer cette thèse, mais c’est le mien 😉

Encours de crédits immobiliers vs crédits à la consommation

Je me suis alors prêté à l’exercice pour voir quelles conséquences un tel scenario pouvait avoir sur l’économie française et sur la vie des français. J’ai commencé par chercher le montant des encours de crédits immobiliers. Le montant des encours de prêts immobiliers aux ménages est de 817 milliards d’euros à fin mars 2014. A titre de comparaison, le montant des encours crédits à la consommation est de 145 milliards d’euros, toujours à fin mars 2014 (Source : BdF -Stat Info Crédits aux particuliers 07/05/2014).

J’ai ensuite cherché quels étaient les trois principaux postes de dépenses d’un ménage. Ce sont 1. l’alimentation, 2. le logement et 3. les transports. Le poste « logement » est important pour toutes les catégories socio-professionnelles (entre 13 % et 17 % de la dépense totale). Il faut rapprocher ce chiffre du revenu moyen par ménage (2 410 € net/mois).

Encours de crédits immobiliers vs dépense publique

Enfin, j’ai cherché à comparer ces chiffres au montant de la dépense publique. La dépense publique totale était de 1 150 milliards en 2012, elle sera de 1 200 milliards en 2014. Ne me demandez pas comment nous en sommes arrivés là, mais retenez que c’est le budget annuel de l’État français, à date (dépense publique + poids de la dette).

En grande masse, et pardonnez les raccourcis et les problèmes techniques que cela soulèverait, on voit donc qu’effacer 1 000 milliards d’euros d’encours de crédits immobiliers (sous-entendu, pour toujours) est l’équivalent d’une année de fonctionnement de l’État français.  Tenant compte du fait que nos créanciers nous prêtent assez facilement les 200 milliards d’euros dont nous avons besoin chaque année, il ne me semble pas dingue de faire ce cadeau aux français qui se sont endettés pour acheter leur logement. Jusqu’ici, l’hypothèse ne semble pas délirante.

Une opération bénéfique à court, moyen et long terme

Si l’intuition semble bonne, qu’en est-il des avantages, en dehors de fêter Noël avant Noël ? Tout d’abord, à très court terme, il y a fort à parier que cette somme sera dépensée intégralement pour améliorer le quotidien des ménages (nourriture, habillement, enfants, loisirs). A moyen terme, les gens vont chercher à se faire plaisir. Cela aura un impact sur les travaux d’embellissement, de remise en état et de décoration de son logement, ainsi que sur le poste Vacances. A long terme, cela pourrait se traduire par une plus grande flexibilité dans l’emploi (les gens auraient moins peur de le perdre). Et enfin, à très long terme, on pourra peut-être s’émerveiller de découvrir que cette mesure aura eu un impact positif sur la santé : moins de pression génère moins de stress et moins de stress, une meilleure santé. Et cela est bon pour les caisses de la Sécurité sociale !

Qui verra malgré tout son lot de contradicteurs

Bien sûr, les données sont bonnes mais ces calculs sont faux et devraient prendre en compte l’incidence fiscale des prêts immobiliers, la TVA sur les nouvelles dépenses générées, et une tonne d’autres facteurs que je ne suis même pas capable appréhender, faute de compétences. Il faudra par exemple traduire en euros le bénéfice qu’un pays comme la France pourrait retirer d’une population moins stressée… Quoique, même si la tâche est immense, on doit pouvoir le modéliser. Les plus vives critiques viendraient sans doute des banques (à cause du manque à gagner) et elles ne manqueraient pas, comme les opérateurs mobiles, de faire un chantage à l’emploi.  Il faut s’attendre à une levée de boucliers de ceux qui « passent au travers » de cette mesure, soit parce qu’ils viennent de finir de rembourser leur crédit, soit parce qu’ils n’ont pas encore de prêt immobilier 😉

La critique la plus recevable est finalement d’ordre éthique : ceux pour qui cette mesure va fonctionner à plein est déjà une population très privilégiée. Il y a sans doute là matière à réflexion pour n’en faire bénéficier que certaines catégories de population ou indexer le montant du cadeau sur les revenus du ménage.

Je m’auto-proclame expert en maniement de l’éponge à effacer les dettes ! C’est aussi facile que le maniement du rabot, mais tellement plus valorisant 😉

Je vous laisse juge.  Give me an A! Give me a V! Give me an I! Give me an S!

 



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